Hello, je vous laisse découvrir le témoignage d’une membre du groupe facebook « Gestion budgétaire, entraide et minimalisme » qui préfère rester anonyme 😉

Bonjour!
Mon histoire est assez amusante, alors, je me permets de te la raconter.
Je suis née en 1972 en Alsace, dans une famille écolo et engagée de l’époque. Mes parents (d’origine du Val D’Oise) ont acheté une ferme dans les Hautes Vosges et avaient quelques chèvres, quelques moutons, poules…le « retour aux sources » d’après 68. Je me souviens de ma mère filant la laine au rouet le soir, mon père jouait de la guitare… Nous n’avions pas la télé mais beaucoup de livres, la nature comme terrain de jeu, Coluche, Maxime Leforestier, Joan baez et Bob Dylan comme musique..(et tant d’autres!!) Mes parents nous ont appris, à ma soeur, mon frère et moi, les plantes comestibles, à traire les chèvres, à faire du fromage, de la charcuterie avec les cochons de la ferme, l’utilisation et la connaissance des simples et de l’argile pour se soigner, On recyclait déjà à cette époque (compost, verre, papier (pour le poêle à bois), je ne me souviens pas trop du plastique…).
Ado, mes parents avaient ouvert une ferme-auberge, où ils servaient les produits de la ferme (fromages, charcuterie, etc..) je les aidais pour un peu d’argent de poche, mais je me suis évidemment retournée contre cette façon de vivre et j’ai fait des études dans le marketing, commerce, où j’ai appris comment on se faisait arnaquer par la pub, comment ces industriels arrivent à renter dans notre cerveau pour nous faire acheter tout et n’importe quoi, la manipulation de masse en fait…
J’ai un peu bossé dans la vente, beaucoup dans la restauration, j’ai fait des saisons dans l’agriculture (ou j’ai vu les tonnes de produits pulvérisés sur les pommes, le raisin…) et j’ai également choisi de voyager avec mon sac à dos, le plus souvent en solo, j’ai vécu sur les îles Canaries,visité l’Inde et le Népal, une partie de l’Amérique Latine… et j’ai vu à quel point on pouvait se simplifier la vie et vivre simplement sans tous ces chichis de la société occidentale(qui a la furieuse tendance à tout envahir dans ces pays aussi… avec leur lot d’obésité, de plastiques partout…).
A chaque fois que je revenais en France après 3 mois de voyage, ou plus, tout me semblait gris, terne, les gens faisaient la tronche alors qu’ils avaient tout pour vivre…le pire, ce sont les enfants… supers blasés et difficiles chez nous et souriants et joyeux, malgré le peu de jouets, dans les rues de Calcutta ou de Medellin…
J’ai vécu dans différentes régions en France, puis je suis revenue dans les Hautes Vosges,il y a 6 ans, et depuis 2 ans, je vis en pleine nature, à 10 km de là où j’ai grandi, avec mon petit jardin, la prairie et les ruisseaux autour, la forêt et les sommets, je me chauffe au bois, je bois l’eau de la source qui est sur le terrain où je loue un appartement dans un vieux haut fer (ancienne scierie qui fonctionnait avec l’énergie produite par un cours d’eau… il y a encore la vieille turbine.. ).
Alors, bien sûr, recyclage de tout ce qui est possible, je fais mes courses sur un petit marché de producteurs locaux le samedi, il y a tout…de saison, on discute, on échange, on boit un petit café… Je suis encore obligée de fréquenter les supermarchés pour des trucs bêtes, du style: les croquettes pour mes chats (pourtant très bons chasseurs de souris!) des ampoules, de la colle… Le reste, chez un magasin bio indépendant qui propose aussi du local.
Et le boulot? et bien, au cours de mes voyages j’ai appris plein de choses et surtout à travailler les métaux, j’ai trouvé plein de jolies pierres, de jolies écorces, graines.. et je suis devenue artisane créatrice de bijoux après quelques formations en bijouterie joaillerie, je vends sur les marchés d’artisans et producteurs locaux, festivals d’artisans d’art…. pour compléter mon boulot d’artisane, je suis AED à mi-temps (pionne) dans un lycée pro, depuis septembre 2018. (un peu de beurre dans les épinards pour changer mon vieil express Renault qui va avoir du mal à passer le CT…).
Je vis seule, avec mes deux chats, tranquille…Pas de télé. Des livres « phares »: Henry David Thoreau (La désobéissance civile, Walden , Je vivais seul dans les bois…), Noam Chomski, Michel Onfray (je vous recommande son essai « le souci des plaisir ») et plein d’autres bouquins trouvés ici et là, sur les vides greniers, chez Emmaüs…
Mon ordi pour la musique, des documentaires, de l’info alternative, des échanges… et des potes pas loin! Je n’ai pas voulu d’enfants, par choix, j’ai tellement vadrouillé que je ne voulait pas avoir à me fixer. je ne le regrette pas, j’ai pas mal de copines comme moi.
Mon témoignage tiens à souligner l’importance de la transmission par les parents, de l’éducation, car je sais que pour moi, aller vers la décroissance c’était fastoche… alors que je vois des gens qui ne savent pas comment faire, par où commencer, sortir la tête du sable…se déshabituer de la société de surconsommation absurde et mortifère dans laquelle nous baignons depuis enfants. Je suis sur ces pages des réseaux sociaux pour apporter mes connaissances, si nécessaires, sans juger, parce que « ce n’est pas en tirant sur la laitue qu’elle pousse plus vite » mais en y ajoutant un peu d’engrais vert, du soleil et de la pluie…
Merci de m’avoir lue.

